Harcèlement fiscal : S’attaquer à Triple A pour viser un homme politique de l’opposition
La fermeture de l’usine Tiko, exploitée par la société Triple A, dans la région du Vakinankaratra, a une visée politique indéniable : tenter d’affaiblir l’ancien président Marc Ravalomanana, fondateur du groupe agroalimentaire à la fin des années 70 et, actuellement, leader de l’opposition.

Pilier et fleuron de l’industrie malgache, depuis les années 80 et suivant, la société agroalimentaire Tiko, fondée par l’ancien Président Marc Ravalomanana, a toujours fait l’objet de convoitise et de jalousie.
Le self-made man qui a débuté sa carrière en livrant son lait sur une bicyclette a suscité la curiosité du public quand il s’est présenté en tant que candidat à la Mairie de la capitale de Madagascar. Avant d’être élu Maire d’Antananarivo, il a eu la généreuse idée de créer des emplois en implantant les filiales de sa société dans les six provinces de Madagascar. Celles-ci ont été par la suite victimes de pillages et d’incendies provoquant ainsi le chômage de plusieurs milliers de compatriotes. Constituant un empire pouvant rivaliser les traditionnels opérateurs étrangers, qui plus est le fruit d’un effort sans relâche d’un natif du pays, Tiko a bénéficié de dérogations fiscales établies par l’Administration de l’époque dans l’objectif de faire profiter les Malgaches des produits agroalimentaires nationaux pas chers ou à des prix abordables, mais de qualité, face à l’envahissement des importations de tout genre. Cette dérogation a toujours été utilisée comme argument politique de contestation par les détracteurs de la société.
Toujours est-il qu’à partir de 2009, principalement, le harcèlement sur le plan fiscal contre Tiko a pris de plus en plus de l’ampleur, c’est devenu une arme inusable contre Marc Ravalomanana. Certains avancent des chiffres mirobolants dont on ignore la base des calculs. D’autres se hasardent à évaluer un manque à gagner de l’Etat sans connaître le fond du dossier. La feuille de route pris au niveau des pays africains pour Madagascar, après la crise, prévoit une indemnisation de toutes les sociétés victimes des troubles politiques, des pillages, de vols, et d’incendies, mais jusqu’ici, ni la Transition, ni le régime Rajaonarimampianina, ni le régime actuel, ne s’y est soumis.
Le sujet fiscal ne constitue donc pas « une nouvelle chose » pour Tiko. Seuls les jeunots des réseaux sociaux actuels, issus du sérail Mapar qui se cachent derrière ces comptes fake le prennent comme une révélation. Ce genre de harcèlement n’est pas inédit. Tiko l’a toujours vécu comme étant la société malgache à abattre, parce que son fondateur a eu « le malheur » de se lancer dans la politique et a gagné l’onction inespérée et sensationnelle de la population.
Le milieu économique malgache reste dominé par ces sociétés étrangères qui ne semblent pas être inquiétées par ces agissements et autres intimidations de tout genre. Les malgaches avisés ne s’émeuvent plus des « motifs » de fermeture annoncés ces derniers temps à l’encontre de Triple A. Tellement c’est du « diska efa loaka », lire « la même chanson ». Des montants à payer dont on ignore comment cela a été calculé, comment cela a été établi. Au fil des ans, c’est toujours la même chose.
Quoi qu’il en soit, toute société irrégulière devrait avoir la possibilité de réparer ses défaillances, avec une procédure normale, qui que ce soit. Une procédure normale, honnête et légale. Mieux, c’est à l’Etat d’aider les sociétés en difficulté, les aider dans les démarches et non le contraire. Parce que le contraire, en ce qui concerne Tiko, pousserait l’opinion à croire à une finalité politique bien claire : anéantir la source de revenus d’un potentiel concurrent aux élections, et qui risque de retrouver son ancien poste, le moment venu. Et comme la confiance en soi s’amenuise de plus en plus, au fil des mois, au sein du régime actuel, la meilleure défense, c’est l’attaque.




