Un nouveau parfum de scandale. Avec stupeur, l’avocate Hanitra Razafimanantsoa et l’huissier de Justice Hery Andriatsima ont détaillé, preuves à l’appui, les destructions illicites des usines du groupe Tiko dans l’enceinte du Port de Toamasina.
« Ces usines constituaient pourtant une fierté nationale », a affirmé Hanitra Razafimanantsoa. « Elles fabriquaient des produits familiers aux consommateurs, dont l’huile alimentaire et les margarines vendues à des prix abordables », poursuit-elle.
En plein confinement, en raison de la situation sanitaire dans le pays, les travaux de démolition « sans permis légal » se poursuivaient dans l’enceinte du port. Des engins de la société Colas ont été aperçus par des témoins sur place.
Maitre Hery Andriatsima a tenu à préciser que les responsables de Tiko et les huissiers n’ont pourtant jamais été autorisés à effectuer un état des lieux sur place, malgré une ordonnance du Tribunal.
La Direction générale du Port de Toamasina est montrée du doigt actuellement, pour avoir autorisé les travaux de démolition des usines alors que les responsables de Tiko et les huissiers n’y avaient jamais accès. Aux yeux des défenseurs de Tiko, la situation s’apparente à une « vengeance politique ». L’entreprise fondée par l’ancien président Marc Ravalomanana continue, en effet, de subir des « saccages » sous diverses formes, 11 ans après le coup de force de 2009. « Lors du coup d’Etat, on s’en prenait aux sociétés qu’il a fondées, et le saccage se poursuit jusqu’à maintenant », déclare Hanitra Razafimanantsoa, avant de spécifier qu’une convention existe bel et bien pourtant, depuis 1995, entre Tiko et le Port de Toamasina pour l’installation des usines sur les lieux.
Toutes ces polémiques et ces coups bas surviennent justement à un moment où Tiko attend une indemnisation en vertu de la Feuille de route de sortie de crise signée par les acteurs politiques après la crise de 2009. Le groupe Tiko réclame un peu plus de 1460 milliards d’Ariary pour les préjudices qu’il a subis depuis le début de la crise. On attend la mise en place du Fonds national de solidarité, en vue de l’indemnisation des victimes des récentes crises politiques dans le pays, mais l’Etat malgache rechigne à apporter sa part de 30% dans le Fonds. Pourquoi ?
