Nos dirigeants sont-ils conscients du danger qui guette le pays et les Malgaches ? Le ravage de la crise sanitaire ne fait que commencer à Madagascar et le pire risque d’être à venir. A cause du ralentissement de l’économie et du blocage de la plupart des activités, la situation du chômage risque de s’aggraver dans les mois à venir. Même les caisses de l’Etat risquent d’être à sèche à cause de la baisse de la recette fiscale et douanière. Tout cela aura forcément un effet de cascade sur l’ensemble de la population, pouvant conduire à une crise humanitaire sans précédente qui va s’ajouter à la famine et la sècheresse qui touche déjà presque l’ensemble du territoire.
La ligne de conduite adoptée par les dirigeants, à commencer par la président Rajoelina à l’heure actuelle est loin d’apporter l’assurance d’un avenir maitrisé. Les propagandes savamment orchestrées lors des descentes sur le terrain illustre sans doute une volonté de « divertir » et de détourner par tous les moyens l’opinion sur la gravité de la situation. L’inauguration des écoles aux rutilantes alors que les enfants qui doivent y étudier ainsi que les enseignants ont faim, inauguration d’un stade inachevé et d’une RN44 encore quasi-intact alors que les discours parlent déjà d’une réalisation historique, la présidence ne reculent devant rien pour s’assurer une gloire d d’un jour. Dans quel objectif alors que 2023 est encore très loin ? A moins que les rumeurs persistantes d’un grand changement imminent sont fondées et que le chef de l’Etat a besoin de montrer qu’il maitrise la situation.
En tout cas, pour la majorité des questions largement plus préoccupantes méritent à l’heure actuelle d’avoir des réponses. Sommes-nous assurés d’avoir du riz à manger en période de soudure ? avons-nous assez de stock et prévu suffisamment d’importation, sachant que les pays exportateurs ont décidé de garder leur production en prévision d’un futur difficile ? Avec l’ariary qui continue sa chute libre, jusqu’où l’inflation va-t-elle frappé les ménages ? Les salariés vont-ils pouvoir garder leurs emplois dans les semaines et les mois à venir ? Et si la pandémie du covid-19 amorce une deuxième vague, aurons-nous encore les ressources nécessaires pour survivre ?
Autant de préoccupation pour lesquelles les dirigeants se doivent à l’heure actuelle d’apporter de réponses, de rassurer. Malheureusement, les priorités de ces derniers sont encore ailleurs et leur regard tourné vers les échéances électorales avec les emprisonnements et menaces contre les adversaires politiques potentiels, les voyages à l’étranger et les évènements superflus destinés à faire de la communication.
