Pollution industrielle: QMM mise face à ses obligations environnementales
Une mission de contrôle a été effectuée auprès de QMM. Une occasion pour lui rappeler ses obligations environnementales envers les communautés touchées par son projet.

Une délégation du ministère de l’Environnement ainsi que des représentants des autorités de la région Anosy ont effectué une descente inopinée dans des fokontany du district de Taolagnaro, cette semaine. Ce, suite aux doléances d’une partie des habitants qui se disent être fortement impactés par la pollution industrielle de la compagnie minière Rio Tinto QMM.

Les habitants du fokontany d’Andrakaraka qui vivent aux alentours des seuils déversoirs de cette compagnie minière ont alors profité de cette mission de contrôle pour faire part de leur problème. Les lacs et rivières qui sont leur principale source d’eau potable et de nourriture sont pollués. Leurs sources de revenus le sont également, ont-ils rapporté. Il est à rappeler qu’un audit des impacts environnementaux et sociaux de cette exploitation minière avait déjà été réclamé par des organisations de la société civile.

Ces problèmes ont néanmoins été rapportés et discutés par la délégation du MEED avec les responsables de QMM. Le ministre Baomiavotse Vahinala Raharinirina a reconnu les efforts entrepris par cette compagnie minière et les solutions qu’elle a proposées en guise de compensation.
“Il faut cependant que ces compensations profitent davantage aux habitants touchés directement par cette exploitation minière. Des efforts ont été entrepris dans la restauration des sites, la réhabilitation des infrastructures routières, les campagnes de reboisement, mais ces opérations doivent encore être renforcées”, lance-t-elle.
Les discussions entre les deux parties semblaient constructives. Les communautés locales s’attendent alors à une amélioration de la situation.
Audit et recapitalisation
Ce ne sont pourtant pas les seuls problèmes autour de ce projet qui doivent être réglés. On attend également l’audit des finances, des opérations et d’administration de QMM. Un audit qui bloque le projet de recapitalisation de cette compagnie. En effet pour rappel, QMM prévoyait une troisième recapitalisation, après celles entreprises en 2012 et 2015, qui avaient engagé ses deux actionnaires dont la société Rio Tinto avec 80%, et l’Etat avec les 20% restants.
Pour ces deux opérations, c’est Rio Tinto qui avait avancé la part de l’Etat qui ne disposait pas de fonds pour souscrire à ces recapitalisations. L’Etat devait alors 77 millions de dollars à cette compagnie minière.Or, l’état financier de QMM en 2016 démontrait la nécessité d’une recapitalisation qui aurait dû être effectuée à la fin de l’année 2019. Et que pour garder ses 20% de part d’actions, une contribution financière à hauteur de 16 millions de dollars a été demandée à l’Etat. Ce que celui-ci a refusé de suivre pour ne pas être surendetté “davantage”.




