Exportation: Une campagne de tous les défis pour la filière vanille
La campagne 2020 sera déterminante pour l'avenir de la vanille malgache. L'efficacité des dispositions prises pour sauver l'or vert sera mise à l'épreuve.

Dans les starting-blocks. Ils sont 124 opérateurs à avoir obtenu leur agrément pour l’exportation de vanilles et plusieurs d’entre eux n’attendent que le coup d’envoi de la campagne 2020-2021, fixé ce15 septembre, pour expédier leur produit sur le marché mondial. Ces opérateurs prévoient une exportation nationale pouvant aller jusqu’à 1 900 tonnes, d’après ce qu’a confié le ministre du commerce (MICA) Lantosoa Rakotomalala.

Ce sont des industriels et artisans sélectionnés parmi les 231 opérateurs qui ont déposé leur demande d’agrément auprès de ce ministère. Une deuxième liste d’exportateurs agréés pourrait cependant sortir, à la suite d’une revue au cas par cas des opérateurs ne figurant pas dans la première liste. Mais une fois encore, il leur faudra remplir certains critères pour pouvoir espérer être agréés, comme le respect des obligations fiscales, administratives et sociales. Sans parler de l’audit qui sera de nouveau mené auprès de leur magasin de stockage.
Les prix de la discorde
Ceux qui ont déjà reçu leur agrément connaissent les règles auxquelles ils doivent se soumettre, notamment en termes de prix. En effet pour la campagne 2020-2021, le Conseil national de la vanille (CNV) qui vient récemment d’être mis en place a décidé de réviser à la baisse le prix minimum sur le marché local pour la vanille préparée stabilisée à 650 000 ariary le kilo et le prix FOB minimum à l’exportation à 250 dollars par kilo. Or pour rappel, pour la campagne 2019-2020, clôturée au mois de mai, il était imposé que la vanille s’achetait à 900000 ariary auprès des planteurs et que le prix minimum à l’export était de 350 dollars par kilo.
Une disposition qui n’a cependant pas fait l’unanimité, dont notamment du côté des opérateurs regroupés au sein du Collectif des exportateurs de vanilles, qui s’est dernièrement exprimé sur le sujet. Avec une demande mondiale en berne, ce collectif parle d’une stratégie contreproductive et mettant même en péril la filière. Mais c’est visiblement un avis que le ministre Lantosoa Rakotomalala ne partage pas. Reste alors à savoir si ces prix imposés seront appliqués par les opérateurs.
Une réputation à préserver
En tout cas, avec cette stratégie adoptée par la CNV, l’objectif serait de sauver l’or vert, qui a déjà connu les prémices d’un renversement de marché, en tentant de limiter l’appétit des spéculateurs. La flambée du prix de la vanille malgache qui avait atteint des sommets a poussé des acheteurs internationaux à bouder la Grande île. La montée en force des autres pays producteurs comme l’Indonésie ou l’Ouganda ainsi que la concurrence de la vanille artificielle ne sont pas à minimiser.
Pour l’heure, Madagascar détient encore plus de 70% du marché mondial de la vanille. Et le MICA se dit optimisme par rapport à une hausse de la demande de vanille naturelle, que la Grande île est bien en mesure de satisfaire. A indiquer que les exportateurs malgaches ont exporté 1400 tonnes de gousses et 150 tonnes d’extraits de vanille l’année dernière. Et cette campagne à venir s’annonce plus prometteuse, rassure le ministre du commerce.




