Trois années de coopération fructueuse : l’ambassadeur ABE Koji dresse un bilan positif de son mandat à Madagascar
Après trois années passées à la tête de la mission diplomatique japonaise à Madagascar, l’ambassadeur ABE Koji quitte la Grande Île sur une note d’optimisme. En rencontrant la presse le 10 novembre à sa résidence d’Ivandry, le diplomate a dressé un bilan élogieux des relations nippo-malagasy, marquées par des avancées majeures sur les plans économique, social et technique.

Une coopération économique solide
Le symbole le plus marquant de cette coopération demeure l’extension du port de Toamasina, financée à hauteur de 374 millions d’euros par le gouvernement japonais. Lancé en 2019, le chantier est aujourd’hui achevé à 75 %. Une fois opérationnel, le volume de marchandises traitées dans le principal port du pays — qui gère déjà 75 % du fret national — devrait doubler, renforçant ainsi la place stratégique de Madagascar dans les échanges régionaux.
Le Japon a également contribué à la réhabilitation des ponts de Mangoro et d’Antsapazana sur la RN2, grâce à une aide de 22 millions d’euros. Ces travaux ont considérablement fluidifié la circulation sur cet axe vital reliant Antananarivo à Toamasina.
Toujours sur le volet infrastructurel, le gouvernement japonais a soutenu en 2022 la modernisation de la gestion des déchets à travers un appui de 7 millions d’euros. Ce financement a permis la fourniture de 32 chargeuses, 189 conteneurs et d’autres équipements, principalement utilisés dans la Commune urbaine d’Antananarivo.
Éducation, santé et nutrition : des appuis concrets
Sur le plan social, l’ambassadeur ABE Koji a mis en avant la coopération technique en matière d’éducation et de santé. Le projet TAFITA (Tantsoroka ho an’ny Fitantanana ny Sekoly) a permis d’appuyer la gestion scolaire dans les 23 régions du pays.
En 2023, sept hôpitaux régionaux et centraux — dont ceux de Toamasina, Mahajanga, Fianarantsoa et Maevatanana — ont bénéficié d’équipements médicaux modernes (scanners, appareils échographiques, etc.) d’une valeur totale de 7,21 millions d’euros.
Le Japon accompagne également Madagascar dans l’amélioration de la nutrition via le projet PAPRIz ou projet d’amélioration de la productivité du secteur rizicole et de promotion de l’industrialisation , axé sur l’accroissement de la productivité rizicole. Grâce à ce programme, les rendements sont passés en moyenne de 2,5 tonnes à 5 tonnes par hectare, favorisant la sécurité alimentaire et l’autonomie des producteurs.
Coopération technique et échanges humains
Au-delà de l’économie et du social, la coopération nippo-malagasy s’est aussi illustrée par un important volet humain et sécuritaire :
291 volontaires japonais ont été envoyés à Madagascar au cours des dernières années, dont 35 sont encore en mission au pays en ce jour.
350 boursiers malagasy ont été formés au Japon au cours des 30 dernières années.
Le Japon a également appuyé la sécurisation maritime et la stabilisation régionale à travers divers partenariats techniques.
Ambatovy, symbole d’un partenariat durable
Sur le plan industriel, l’ambassadeur a rappelé le rôle central du Japon dans le projet minier Ambatovy, via la société Sumitomo Corporation, principal actionnaire.
Bien qu’Ambatovy n’ait pas encore engrangé de bénéfices, le diplomate a salué la résilience de l’entreprise qui poursuit ses activités, contribuant ainsi à l’économie malagasy.
D’autres projets économiques prometteurs ont vu le jour, notamment :
l’exploitation de la mine de Moro et de l’anode avec Mitsubishi Chemical,
l’exportation du cacao d’Ambanja vers le Japon pour la chocolaterie Meiji,
et la fabrication d’essence de vanille à Toamasina pour Takasago International, destinée à l’exportation vers l’Europe et le Japon.
Ces initiatives ont été consolidées par la création de la Chambre de commerce et d’industrie japonaise à Madagascar (CCJM) en 2025, marquant une nouvelle ère dans les relations économiques bilatérales.
Un appel à améliorer le climat des affaires
En conclusion, l’ambassadeur ABE Koji a appelé les dirigeants malagasy à accélérer les réformes pour rendre le pays plus attractif aux investissements étrangers.
Il a notamment évoqué la nécessité d’améliorer les infrastructures de base (routes, eau, électricité) et de simplifier les procédures administratives.
“Madagascar n’est pas la seule destination pour les investisseurs. Si aucune décision ferme n’est prise, ils iront ailleurs”, a-t-il averti.
Avant de quitter son poste, ABE Koji a exprimé le vœu de voir un Madagascar prospère et développé d’ici dix ans, fruit d’une coopération équilibrée et mutuellement bénéfique entre Antananarivo et Tokyo.




