Jirama: 100 milliards d’ariary de subvention réclamée, 850 milliards d’ariary de dettes à régler

L'Etat est une fois encore appelé à appuyer financièrement la Jirama. Cet appui concerne les charges d'exploitation de la compagnie d'eau et d'électricité, à travers une subvention, ainsi que des "participations" dans l'apurement des dettes qu'elle doit à ses prestataires.

“La Jirama ne pourra se passer de l’appui de l’Etat tant qu’elle n’aura pas encore atteint son équilibre opérationnel”. C’est la raison avancée par son Directeur général, Vonjy Andriamanga, pour justifier une nouvelle demande de subvention pour la compagnie nationale. Un appui financier qui devra être pris en compte dans la Loi des finances 2021, lance-t-il.
Après avoir bénéficié alors de 170 milliards d’ariary de subvention cette année, la Jirama réclame cette fois-ci 100 milliards d’ariary pour l’année prochaine. Un appui qui l’aiderait à assurer ses charges d’exploitation, d’après les explications de ce premier responsable de la société d’État.
Budget limite-limite
Les recettes de la Jirama ne seraient pas suffisantes pour supporter toutes ses dépenses, intervient le président de son conseil d’administration, Solo Andriamanampisoa. D’après ce qu’il a indiqué, sur ses 800 milliards d’ariary de chiffre d’affaires annuel, la Jirama dépenserait 550 milliards d’ariary pour l’achat de carburants, 150 milliards d’ariary pour la location des groupes et 100 milliards d’ariary pour la masse salariale de ses employés.
La Jirama aurait également réussi à renégocier 70% de ses contrats avec ses prestataires, lui ayant permis d’obtenir un gain de 340 milliards d’ariary. Mais ce sera surtout à partir de l’année prochaine que les impacts de ces révisions se feront ressentir d’une manière conséquente sur ses dépenses, ajoute Solo Andriamanampisoa.
850 milliards de dettes à “régler” avec l’Etat
Il faut savoir également que c’est une société d’État qui est encore très endettée. En 2019, par exemple, l’ancien ministre de l’Energie qui n’est autre que l’actuel Directeur général de la Jirama parlait de plus de 2 000 milliards d’ariary de dettes, qu’il fallait restructurer. Une restructuration entreprise avec l’Etat et les partenaires de la Grande île, comme la Banque mondiale, aurait alors permis de réduire cette dette de moitié.
“Il ne restait que 700 milliards à régler avant le début du confinement lié au Coronavirus. 150 milliards d’ariary venaient pourtant s’y ajouter, notamment avec la facilitation de paiement de factures que nous avons offerte aux abonnés”, livre le PCA de la Jirama, Solo Andriamanampisoa.
En tout cas, la compagnie nationale prendra en charge l’apurement de ces dettes avec l’Etat. “Il ne s’agit pas d’une subvention supplémentaire. L’Etat nous doit pas moins de 700 milliards, incluant par exemple les créances de TVA ou ceux que les autres sociétés d’État nous doivent. C’est avec ces arriérés que nous comptons régler nos dettes”, a-t-il balancé.
C’est une fois ces dettes apurées que la Jirama pourra investir tranquillement. Cette année, la société d’État n’a pu affecter que 70 milliards d’ariary de son fonds propre dans ses divers projets. Elle compte cependant augmenter cet investissement à 150 milliards d’ariary d’ici peu.
A l’ère du digital
Le règlement de ces problèmes financiers entre dans le plan de redressement de la Jirama, en vue de son équilibre opérationnel prévu pour la fin de l’année prochaine.
La société d’État organise parallèlement son travail, ses méthodes et ses moyens, en privilégiant les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Elle vient de présenter plusieurs projets, comme l’agence en ligne, l’application Jirama, le Chatbot Crispy ou encore le terminal de saisie portable pour améliorer les services qu’elle offre à ses abonnés.
“Avec ces projets, nous pouvons améliorer notre relation avec nos clients, faciliter leur accès aux différentes informations nécessaires à leur abonnement et à nos services”, lance Vonjy Andriamanga.
La Jirama reste d’ailleurs et malgré tout optimiste. Elle prévoit de servir 100 000 abonnés supplémentaires, en plus des 600 000 clients qu’elle sert déjà.

 

Quitter la version mobile