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Plus de 400 millions d’enfants dans le monde vivent dans la pauvreté, sans moyen de satisfaire au moins deux besoins du quotidien, notamment dans les domaines de la nutrition et de l’assainissement – UNICEF

Un nouveau rapport de l’UNICEF souligne le risque de voir de plus en plus d’enfants basculer dans la pauvreté à mesure que les coupes opérées dans les financements de l’aide mondiale, les conflits et les changements climatiques mettent en péril l’accès aux services indispensables à leur santé et à leur bien-être

NEW YORK/ANTANANARIVO, le 22 novembre 2025 – Plus d’un enfant sur cinq dans les pays à
revenu faible et intermédiaire (soit 417 millions d’enfants) souffre de privations graves dans au
moins deux domaines essentiels dont dépendent leur santé, leur développement et leur bien-être,
d’après un rapport phare de l’UNICEF publié à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance.
Le rapport La Situation des enfants dans le monde 2025 – Mettre fin à la pauvreté touchant les enfants :
Notre impératif commun évalue l’ampleur de la pauvreté multidimensionnelle à la lumière des
données issues de quelque 130 pays à revenu faible et intermédiaire, et ce, en mesurant les
privations subies par les enfants dans les six domaines suivants : l’éducation, la santé, le logement,
la nutrition, l’assainissement et l’approvisionnement en eau. D’après cette analyse, 118 millions
d’enfants souffrent d’au moins trois privations, et dans 17 millions de cas, le nombre de privations
peut atteindre quatre ou plus.
« Le fait de grandir dans la pauvreté sans pouvoir satisfaire ses besoins élémentaires dans les domaines
de la nutrition, de l’assainissement et du logement, par exemple, a des répercussions dévastatrices sur la
santé et le développement des enfants », a déclaré Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF.
« Cette situation n’est pas irrémédiable. Lorsque les gouvernements s’engagent à mettre fin à la pauvreté
touchant les enfants au travers de politiques efficaces, c’est un monde de possibilités qu’ils offrent à ces
derniers. »
C’est en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud que se concentrent les taux de pauvreté
multidimensionnelle les plus élevés chez les enfants. Au Tchad, par exemple, 64 % des enfants
souffrent d’au moins deux privations graves, et un peu moins de 25 % font face à trois privations
graves ou plus. Pour Madagascar, 167% des enfants subissent au moins deux privations et 40% font
face à trois privations ou plus. Les enfants de la région Androy et Menabe sont les plus touchés. Le
taux de pauvreté multidimensionnelle dans ces régions atteint 90%.

L’assainissement est le domaine dans lequel les privations graves sont les plus couramment
observées dans les pays à revenu faible, 65 % des enfants n’ayant pas accès à des toilettes dans ces
pays. Or, l’absence de systèmes d’assainissement appropriés accroît le risque d’exposition des
enfants aux maladies.2
La proportion d’enfants en proie à au moins une privation grave dans les pays à revenu faible et
intermédiaire a diminué entre 2013 et 2023, passant de 51 % à 21 % : un résultat qui s’explique
principalement par la priorité accordée aux droits de l’enfant dans les politiques et la planification
économique à l’échelle nationale. À l’heure actuelle, toutefois, les progrès stagnent. Les conflits, les
crises climatique et environnementale, les changements démographiques, l’augmentation de la
dette nationale et les fractures technologiques de plus en plus profondes viennent aggraver la
pauvreté, sans compter les coupes sans précédent opérées dans l’aide publique au développement,
qui risquent d’accentuer les privations subies par les enfants dans les pays à revenu faible et
intermédiaire.
Pourtant, il est possible d’accomplir des progrès en vue de mettre fin à la pauvreté touchant les
enfants. La Tanzanie, par exemple, est parvenue à réduire la pauvreté multidimensionnelle
touchant les enfants de 46 points de pourcentage entre 2000 et 2023, en partie grâce à des
allocations sociales versées par les pouvoirs publics, laquelle a donné les moyens aux ménages
pauvres de prendre leurs propres décisions financières.
La pauvreté compromet la santé, le développement et l’apprentissage des enfants, ce qui a pour
conséquence d’amenuiser leurs perspectives d’emploi, de raccourcir leur espérance de vie et
d’augmenter les risques de dépression et d’anxiété à l’âge adulte. Il ressort du rapport que les
enfants les plus jeunes, les enfants en situation de handicap et les enfants vivant en situation de
crise sont particulièrement vulnérables.
Ce rapport se penche également sur la pauvreté monétaire, laquelle limite encore davantage l’accès
des enfants à la nourriture, à l’éducation et aux services de santé. D’après les données les plus
récentes, plus de 19 % des enfants dans le monde sont touchés par une pauvreté monétaire
extrême, c’est-à-dire qu’ils disposent de moins de 3 dollars des États-Unis par jour pour subvenir à
leurs besoins. Près de 90 % des enfants concernés vivent en Afrique subsaharienne et en Asie du
Sud.
3À Madagascar, l’Institut National de la Statistique (INSTAT) et l’UNICEF estiment que 83 % des
enfants vivent en dessous du seuil national de pauvreté monétaire (1,453,987 Ar/an), contre 75 %
de la population totale4. Ce taux atteint 88 % chez les enfants en milieu rural, contre 59 % en milieu urbain. La pauvreté monétaire des enfants augmente avec la taille du ménage, passant de 33 %
dans les ménages d’une personne à près de 100 % dans ceux comptant 13 personnes ou plus. Les
ménages de six personnes ou plus enregistrent un taux de pauvreté monétaire des enfants
supérieur à la moyenne nationale (89 % ou plus).
Comme l’indique l’analyse portant sur 37 pays à revenu élevé incluse dans le rapport, environ
50 millions d’enfants (soit 23 % de la population infantile des pays en question) sont en proie à une
pauvreté monétaire relative, c’est-à-dire que leur foyer perçoit un revenu nettement inférieur à celui
de la majorité des foyers à l’échelle nationale – une situation susceptible de limiter leur capacité à
participer pleinement aux activités de la vie quotidienne.
Si la pauvreté a diminué, en moyenne, de 2,5 % à l’échelle de ces 37 pays entre 2013 et 2023, on
observe toutefois une stagnation, voire un recul des progrès dans bien des cas. En France, au
Royaume-Uni et en Suisse, par exemple, la pauvreté touchant les enfants a augmenté de plus de
20 %.
Le rapport La Situation des enfants dans le monde 2025 souligne que nous avons le pouvoir de
mettre fin à la pauvreté touchant les enfants et insiste sur l’importance d’accorder une place
centrale aux droits de l’enfant, tels qu’ils sont inscrits dans la Convention des Nations Unies relative
aux droits de l’enfant, dans l’ensemble des stratégies, des politiques et des actions
gouvernementales visant à réduire la pauvreté. À cette fin, il convient de prendre les mesures
suivantes :
• Élever la lutte contre la pauvreté touchant les enfants au rang de priorité nationale ;
• Tenir compte des besoins des enfants dans les politiques économiques et les budgets ;
• Instaurer des programmes de protection sociale, y compris le versement d’une aide
pécuniaire aux familles ;
• Élargir l’accès aux services publics essentiels, tels que l’éducation, les soins de santé,
l’approvisionnement en eau, l’assainissement, la nutrition et le logement ;
• Favoriser le travail décent des parents et des personnes s’occupant d’enfants et ainsi
renforcer leur sécurité économique, laquelle est étroitement liée aux progrès de ces
derniers.
La publication de ce rapport intervient à l’heure où bon nombre de gouvernements, partout dans le
monde, opèrent des coupes en matière d’aide extérieure. D’après The Lancet, la baisse des
financements de l’aide au développement pourrait occasionner 4,5 millions de décès d’enfants de
moins de 5 ans à l’horizon 2030. Dans le même temps, l’UNICEF a estimé récemment que six
millions d’enfants supplémentaires risquent d’être déscolarisés d’ici à l’année prochaine du fait de
cette situation.
« Les besoins élémentaires d’un trop grand nombre d’enfants n’étaient déjà pas satisfaits avant même que la crise des financements internationaux ne menace d’aggraver les choses », a déclaré
Catherine Russell. « Ce n’est pas le moment de baisser les bras, mais plutôt de poursuivre sur la lancée
des progrès accomplis en faveur des enfants au prix de durs efforts. Pour ce faire, les gouvernements et
les entreprises doivent investir davantage dans les services indispensables à la santé et à la protection
des enfants et faire en sorte que ces derniers aient accès à une bonne alimentation, entre autres besoins
élémentaires, en particulier dans les contextes fragiles et les situations de crise humanitaire. Investir en
faveur des enfants contribue à faire advenir un monde en meilleure santé et plus pacifique, pour toutes et
tous. »
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Note aux rédactions :
Ressources multimédia disponibles ici.
Cette année, l’UNICEF a lancé la campagne ma journée, mes droits destinée à accorder une place
centrale à la voix et au vécu des enfants, à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance célébrée
chaque 20 novembre en commémoration de l’adoption de la Convention relative aux droits de
l’enfant.
Les estimations conjointes de l’UNICEF et de Save the Children, ainsi que l’analyse de données
d’enquête sur la pauvreté multidimensionnelle, ont servi à calculer la privation matérielle touchant
les enfants au regard de six dimensions prises en compte dans la pauvreté, à savoir : l’éducation, la
santé, le logement, la nutrition, l’assainissement et l’approvisionnement en eau. Les données
d’enquête couvrant 89 pays ont permis d’établir des valeurs individuelles à l’échelle nationale. Les
estimations couvrant 133 pays ont permis de calculer des moyennes régionales et d’autres valeurs
agrégées. Dans le cas des pays disposant de données d’enquête, les estimations sont le fruit d’une
extrapolation des tendances observées sur les années disponibles. Lorsque les pays disposaient de
données partielles, plusieurs indicateurs disponibles (comme les taux de retard de croissance ou de
couverture vaccinale) ont servi à calculer l’évolution des tendances de la pauvreté touchant les
enfants.
La Banque mondiale a actualisé les seuils de pauvreté monétaire, lesquels s’établissent désormais à
3,00 dollars des États-Unis par jour dans les pays à revenu faible, à 4,20 dollars É.-U. par jour dans
les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et à 8,30 dollars É.-U. par jour dans les pays
à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, reflet de la hausse du budget nécessaire pour
satisfaire les besoins élémentaires. À l’aide de ces seuils, la Banque mondiale estime les taux et
l’incidence de la pauvreté au regard des données issues de diverses enquêtes compilées dans sa
base de données de suivi mondial. En l’absence de données d’enquête, le taux de pauvreté a fait
l’objet de projections.
Dans les pays à revenu élevé, la pauvreté touchant les enfants est généralement mesurée en
termes relatifs : un enfant est en proie à la pauvreté s’il vit dans un foyer percevant moins de 60 %
du revenu médian de la population nationale. Eurostat fournit les données concernant les États
membres de l’UE. Les données relatives aux autres pays à revenu élevé proviennent de leurs
instituts nationaux de statistique respectifs

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