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Lettre conjointe des anciens Présidents de la République de Madagascar et des signataires de la Feuille de Route de 2011 à la SADC

COMMUNIQUÉ DE PRESSEAntananarivo, le 11 juin 2025. À l’approche du Sommet 2025 de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), prévu à Antananarivo, les anciens Présidents de la République de Madagascar, Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina, ainsi que plusieurs signataires de la Feuille de Route de sortie de crise de 2011, ont adressé une lettre solennelle à Son Excellence Dr Elias M. Magosi, Secrétaire exécutif de la SADC, aux Chefs d’État et de Gouvernement des pays membres, aux missions diplomatiques accréditées à Madagascar, ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers.

Dans cette lettre, ils expriment leur profonde préoccupation face à la détérioration accélérée de la situation politique, institutionnelle, économique et sociale du pays, qu’ils jugent incompatible avec les principes fondateurs de la SADC.

Principaux points soulevés dans la lettre :
1. Crise de légitimité du pouvoir en placeLe régime de M. Andry Rajoelina est issu d’un scrutin présidentiel entaché de graves irrégularités, marqué par une abstention record dépassant 60 %, l’interdiction arbitraire de candidatures majeures, ainsi qu’une controverse constitutionnelle persistante sur la nationalité du chef de l’État.
2. Violation des engagements de la Feuille de Route de 2011Les principes convenus de dialogue inclusif, de bonne gouvernance, de stabilité institutionnelle et de respect des règles démocratiques ont été systématiquement bafoués depuis la réélection du président actuel. Rappelons que celle-ci était un compromis élaboré dans un souci d’apaisement suite au coup d’Etat de mars 2009.
3. Atteintes répétées aux droits fondamentauxLes signataires dénoncent des arrestations arbitraires, une surveillance généralisée de l’opposition, la répression de manifestations pacifiques et une restriction accrue des libertés de la presse et d’expression.
4. Accaparement des ressources et corruption endémiqueUne oligarchie restreinte, gravitant autour du cercle présidentiel, accapare les ressources stratégiques du pays (mines, terres rares, marchés publics), au détriment de la transparence et de l’intérêt général. Madagascar est classé 142e sur 180 pays dans l’Indice de Perception de la Corruption 2024 de Transparency International.
5. Crise sociale aiguë et détresse humanitairePlus de 82 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Un enfant sur deux souffre de malnutrition chronique. L’accès aux services essentiels tels que l’eau potable, l’électricité et les soins de santé de base reste dramatiquement faible dans les zones rurales, souvent inférieur à 20 %. Le lien de cause à effet entre la corruption généralisée et la paupérisation du pays est également avéré.
Violation manifeste du Traité de la SADC
Les auteurs de la lettre dénoncent une contradiction flagrante avec les articles 4, 5 et 6 du Traité constitutif de la SADC, qui consacrent le respect des droits humains, de la démocratie, de l’État de droit et des valeurs de solidarité régionale.

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Appel solennel à la SADC et à la communauté internationale
« Le Sommet de la SADC ne peut se tenir à Madagascar dans ces conditions. Ce serait entériner des dérives contraires à l’esprit même de notre communauté régionale. »— Marc Ravalomanana & Hery Rajaonarimampianina
Les signataires appellent :
• au report ou au déplacement du Sommet 2025 de la SADC vers un autre pays membre respectant les principes de la Communauté en matière de gouvernance démocratique ;
• au déploiement d’une mission de médiation régionale pour favoriser un dialogue politique crédible ;
• au soutien actif de la communauté internationale en faveur d’un retour à l’ordre constitutionnel, par l’organisation d’élections réellement transparentes, la fin des persécutions politiques et la restauration de l’État de droit.

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